PROPOSITION DE LA PASTORALE FAMILIALE
adressée aux Equipes pastorales des Paroisses
pour réactions et débats,
sur la demande des divorcés qui se remarient et
sur le temps de prière qui leur est proposé.
«Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps (...),sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples duChrist, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur coeur.»(Concile Vatican II. L’Eglise dans le monde de ce temps. n°1)
« Nous souhaitons nous marier. Que peut nous proposer l’Eglise sachant que l’un de nous est divorcé ?»
De plus en plus souvent, de telles demandes sont faites. L’Eglise se doit d’accueillir le désir qui se formule et le prendre en compte dans sa pastorale.
Chaque chrétien a sa place dans la communauté des baptisés. Elle est un lieu où il peut confier à Dieu ce qui habite son coeur, les grands projets qui traversent son existence, les souffrances aussi.
Un couple se présente porteur d’un projet de vie à deux. Nous le savons, le sacrement n’est plus possible, mais l’Eglise doit manifester une attitude d’accueil, car Dieu ne met à l’écart aucun de ses enfants cette femme et cet homme ont aussi besoin, comme chacun d’entre nous, de la Grâce de Dieu et de la prière communautaire pour structurer et vivre leur foi.
Concrètement, et le plus souvent, le couple demande une célébration à l’église, nous pouvons leur proposer une célébration non sacramentelle, que nous appellerons «prière» précédée d’une préparation. Ce temps de préparation est l’occasion d’aider le couple à donner une signification à sa démarche et aussi d’exprimer les demandes de l’Eglise.
En préparant la prière, il faut tenir compte de la situation particulière et personnelle de chacun.
PRENDRE EN COMPTE UNE SITUATION
Une constatation tout d’abord : la diversité des couples «Divorcés-Remariés» est sensiblement la même que celle rencontrée lors des préparations auSacrement du Mariage. La proximité ou l’éloignement vis-à-vis de l’Eglise seretrouve donc de la même manière.
Au-delà de ce constat, il est important de considérer la spécificité des situations propres aux divorcés-remariés:
* long temps de solitude, ou non, plus ou moins bien vécu, après le divorce,
* grande souffrance due au divorce : «un idéal s’est écroulé»,
* douleur ravivée à l’évocation du divorce : il sera néanmoins nécessaire d’en parler,
* premier mariage d’un des conjoint : une attention particulière est nécessaire,
* il est important que le premier mariage soit évoqué, avec un échange sur le Pardon,
* situation familiale de chacun: présence ou non d’enfants, droit de visite, possibilité de rejet de l’un des conjoints par les enfants du précédent mariage, etc...
Ce couple a envie de se donner une nouvelle chance.
Il a une volonté d’espérance qu’il tient à exprimer publiquement.
Il désire que son besoin de surmonter l’échec soit reconnu.
Il souhaite construire un avenir meilleur.
Il attend de l’Eglise qu’elle l’accompagne vraiment dans sa démarche.
QUELLE PRÉPARATION?
Il paraît nécessaire, dans la mesure du possible, que le prêtre ne soit pas le seul référent au cours de la préparation. Il est important que des laïcs témoignent aussi de la vie de l’Eglise par leur présence et leur participation durant la préparation et la prière.
§ Que demande le couple?
De quoi veut-il témoigner en faisant cette démarche ? que veut-il dire aux autres?
- Présenter son nouvel engagement sous le regard du Seigneur, devant l’Eglise, sachant qu’au moins l’un des deux a déjà reçu le Sacrement du mariage.
- Dire quelque chose de ce qui le fait vivre, dire quelque chose de sa foi.
- Se reconnaître enfants de Dieu.
- Mettre en avant la promesse d’un bonheur à venir.
§ Que demande-t-on au couple?
- L’authenticité et le poids de sa démarche attestés par un projet de remariage civil.
- Une démarche de sincérité, de vérité et de loyauté envers soi-même et envers le passé pouvant aller jusqu’à une démarche de pardon.
- La recherche dans leur amour de la présence de Dieu en particulier à travers sa Parole.
QUELQUES PISTES POUR UNE PRIÈRE
§ Quand, où, avec qui?
Durant la préparation, il est important de dire très clairement que l’on ne veut pas de confusion dans les esprits. C’est une prière qui ne doit pas être assimilée à une célébration de mariage. Afin de préserver le caractère intime de cette démarche, la prière aura lieu avant le mariage civil, de préférence un jour différent.
* Elle peut avoir lieu:
- à la maison (démarche de l’Eglise pour aller à la rencontre de...)
- à l’église paroissiale (démarche de l’Eglise pour accueillir) ; si les lieux s’y prêtent pourquoi ne pas vivre cette prière dans une chapelle qui permettrait plus d’intimité (et résoudrait aussi la question de l’importance de l’assistance) ? Il se saurait être question d’une prière «à la sauvette)) à la sacristie...
- Il paraît nécessaire, là aussi, dans la mesure du possible que le prêtre soit accompagné de laïcs pour guider la prière.
- l faudra être attentif à la place des enfants du (ou des) premier(s) mariage(s).
§ Comment?
Ce temps doit pouvoir se vivre de façon sobre et sans artifice.
A titre d’exemple, voici quelques propositions:
- une croix, une icône peuvent être mises en valeur;
- un chant ou une musique appropriée peut ouvrir la prière;
- Signe de Croix;
- un animateur - par forcément le prêtre - précise le sens de ce temps de prière :
«Vous êtes toujours enfants de Dieu, membres de l’Eglise»;
- temps pénitentiel: aller à la rencontre du pardon de Dieu. (Sans doute est-il souhaitable de le développer en fonction des couples);
- Parole de Dieu;
- Prière Universelle (le couple aura pu la rédiger durant la préparation) : sur les modes «priant», «méditant», «intercédant».;
- Notre Père;
- une expression personnelle du couple s’il le désire
- Bénédiction de l’assemblée.
Afin que ce temps de prière ne puisse se confondre avec la célébration du sacrement, il n’y aura pas:
- de bénédiction ni d’échange d’alliances
- d’échange des consentements
- de signature de registres
S’il est question de faire-part, il convient qu’il soit uniquement réservé à l’annonce du mariage civil.
Diocèse de Limoges – avril 2001