Réunion de lecture de Bible du 12 avril 2012
Évangile de Luc, chapitre 14
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Un repas chez un chef pharisien va servir de cadre aux v. 1 à 24.
Notons tous les versets de ce chapitre où il est question de repas :
v.1 « Un jour de sabbat, Jésus était entré chez un chef des pharisiens pour y prendre son repas » ;
v. 8 « Lorsque quelqu’un t’invite à un repas de noces » ;
v. 12 « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner » ;
v. 15 « Heureux celui qui participera au repas » ;
v. 16 « Un homme donnait un grand dîner » ;
v. 24 « Aucun de ces hommes qui avaient été invités ne profitera de mon dîner. »
Dans l’évangile de Luc, les repas, c’est important (voir aussi Lc 11, 33) : ce que l’on va manger, le temps passé, être ensemble, le partage du pain mais aussi de la parole, de l’amitié.
Le fait de prendre un repas permet de mieux se connaître, de se comprendre : c’est un moment de convivialité.
Dans ce texte les pharisiens « étaient à l’observer [Jésus] ».
V. 2 « Un hydropique se trouvait devant lui ».
C’est Jésus qui pose une question : « Est-il permis, le sabbat, de guérir, ou non ? »
Normalement la réponse est non. Or les pharisiens ne répondent rien (v. 4). Ils sont pleins de calcul au fond d’eux-mêmes.
Jésus ne reprend pas la parole. Il guérit d’abord le malade et le renvoya (v. 4).
C’est après cette guérison qu’il reprend la parole et s’explique :
v. 5 « Lequel d'entre vous, si son fils ou son bœuf vient à tomber dans un puits, ne l'en tirera aussitôt, le jour du sabbat ? »
Les symboles :
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le fils ? C’est une partie de moi-même ;
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le bœuf ? C’est mon bien, ce qui me permet de travailler.
Ce qui est important – plus que la guérison – c’est que les pharisiens soient touchés au fond de leur cœur (même s’ils ne disent rien), mais il n’y a pas de communication entre eux et Jésus puisqu’à nouveau, alors qu’il les a poussés dans leurs retranchements, ils ne répondent rien à sa question. Ils en sont incapables, mais Jésus a fait mouche.
Marie-Angèle nous rappelle qu’au début de la Bible, quand le serpent se présente à Ève et la questionne, le tort d’Ève c’est de lui répondre : elle tombe dans son piège.
A contrario, souvenons-nous de l’attitude de Jésus lorsque le diable le tente dans le désert : il ne répond pas à sa question. Il le renvoie aux phrases de la Bible : « Ce n'est pas de pain seul que vivra l'homme.», « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu » (Lc 4,3 et 8).
V. 7-8 Jésus continue de s’adresser aux invités par une parabole sur le choix des places à un repas de noces (il devait y avoir beaucoup de monde) : « Lorsque quelqu'un t'invite à un repas de noces, ne va pas t'étendre sur le premier divan ».
C’est l’attitude de ceux qui se précipitent sur les premières places qui amène Jésus à faire cette réflexion.
Dans d’autres textes d’ailleurs on voit des apôtres eux-mêmes demander la première place dans le Royaume. Même la mère des fils de Zébédée lui dit (Mt 20, 22) : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ton Royaume.»
Jésus conclut : « quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé. »
Cette parabole nous amène à réfléchir sur l’ambiguïté qu’il pourrait y avoir à se mettre à la dernière place pour faire le modeste et se faire prier d’avancer…
La difficulté : ne pas se mettre d’office dans les premières places ni se mettre d’autorité dans les dernières. Plutôt attendre d’être placé par le maître de la maison.
Réflexion entendue aussi à ce sujet : quel sentiment nous habite ? On se regroupe par affinité entre invités qui se connaissent… laissant isolés ceux qui ne connaissent personne.
Il peut nous arriver d’être comme ces derniers et de nous trouver à l’écart à une place que l’on n’aurait pas choisie.
V. 12 « Lorsque tu donnes un déjeuner ou un dîner, ne convie ni tes amis […], ni de riches voisins […], invite des pauvres ».
Cela n’est pas à prendre à la lettre. L’essentiel à retenir : il ne faut pas inviter dans le but d’un retour d’invitation.
Alors comment inviter ? Faire à quelqu’un quelque chose sans lui donner le sentiment d’une obligation de reconnaissance.
Chacun est comme il est : c’est à partir de cela qu’il faut trouver la manière d’aller vers l’autre, de lui faire plaisir sans en attendre un avantage.
La conclusion (v. 14) : « heureux seras-tu alors de ce qu'ils n'ont pas de quoi te le rendre ! Car cela te sera rendu lors de la résurrection des justes. »
Le verset 15 est la suite de ce que vient d’affirmer Jésus : « À ces mots, l'un des convives lui dit : " Heureux celui qui prendra son repas dans le Royaume de Dieu ! " » : il a compris la leçon.
V. 16 Jésus commente le refus de l’invitation du maître.
C’est Dieu qui invite. Le repas est prêt alors il faut inviter très largement pour que rien ne soit perdu.
Les motifs des refus :
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le premier : « J'ai acheté un champ ». C’est l’attachement aux biens ;
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le deuxième : « J'ai acheté cinq paires de bœufs ». C’est l’attachement prioritaire au travail ;
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le troisième : « Je viens de me marier ». C’est le rapport à l’autre, à la sexualité peut-être, qui prime.
Ces motifs de refus représentent des éléments fondamentaux de la vie.
Alors pris de colère le maître appelle ceux qui n’ont aucune attache : les pauvres de tout ! Rien ne les retient.
S’ensuit une discussion ouverte par une question sur le pain consacré. On ne peut accepter que celui qui est loin n’en soit pas nourri. Tout le monde doit avoir part à ce repas eucharistique.
Attention aux excès d’une fausse idée du sacré : exemple cité d’un prêtre, ancien ouvrier aux mains calleuses… qu’un paroissien (ou paroissienne) dénonce à son évêque parce qu’il considère que ses mains ne sont pas dignes de tenir le corps du Christ. L’immense blessure qu’en ressentit ce prêtre !
Cela fait penser à ceux qui se rendant communier change de file pour recevoir l’hostie des mains du prêtre… plutôt que du laïc qui l’assiste et qui a été délégué pour donner la communion. L’hostie donnée par ce dernier ne serait-elle pas le même corps du Christ ?!
De nombreux exemples d’une telle attitude, ce qui laisse pantois sur l’appréciation de ce qui est sacré…
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Prochaine réunion :
mercredi 23 mai à 17 h dans la chapelle Notre-Dame à Évaux, réunion commune à Auzances, Mainsat et Évaux sur le thème : les trois monothéismes.
Dans la section Paroisses > Paroisse Saint Marien en Combrailles
le Mardi 01 Mai 2012 à 19:02

